Présentation du Lézard ocellé

Le Lézard ocellé est appelé par les scientifiques Timon lepidus. C’est le plus grand lézard en France, il peut mesurer 60 à 75 cm queue comprise ! La plupart des individus ne sont cependant souvent pas aussi grands et mesurent la plupart du temps moins de 50 cm. L’identification des adultes est assez facile, leur belle robe faite d’écailles noires et jaunes est assez typique, mais surtout les ocelles bleus disposés sur deux ou trois rangées sur les flancs, sont remarquables.

Chez les juvéniles les taches bleues sont peu marquées et présentent une teinte bleue très claire. Sur le dessus du corps ils arborent des ocelles blancs bordés de noir, le tout sur une couleur de fond plutôt brunâtre.

Les mâles adultes possèdent une tête large et massive et la base de la queue est renflée. Les femelles lorsqu’elles sont gravides, ont un corps très gros et dilaté par les œufs (5 à 24) qu’elles déposeront dans une cavité qu’elles prendront soin de creuser dans le sol. Les jeunes écloront en septembre et octobre après 7095 jours d’incubation.

Le Lézard ocellé est un animal souvent très farouche, malgré sa taille qui impose le respect ! Il disparaît très souvent bien avant qu’on ne l’ait aperçu. Ceci complique fortement sa détection et explique en partie le manque de connaissance de sa répartition actuelle. Cependant on peut trouver des populations où le Lézard ocellé est bien moins discret et semble s’accommoder de la présence de l’homme, comme sur certains sites du littoral atlantique où il se laisse approcher plus facilement. Surpris s’il n’a pas de possibilité de retraite, il peut choisir de faire face, tête dressée et bouche ouverte, pour paraître plus impressionnant. Ceci lui est souvent fatal face à un chien errant peu compréhensif…Il n’est pourtant pas agressif et son éventuelle morsure est sans danger. D’ailleurs Daudin qui l’a décrit pour la première fois en 1802 l’a appelé « lepida » qui signifie « plaisant, agréable, charmant » en latin. En français il l’a nommé « Le Lézard gentil du Languedoc » !

Les ancêtres du Lézard ocellé sont présents en Europe depuis probablement plus de 7 millions et demi d’années ! Les épisodes climatiques (glaciations, réchauffements) ultérieurs ont alors isolé durant des périodes plus ou moins longues différents groupes qui font aujourd’hui encore l’objet d’étude et de discussions concernant la taxinomie : certains groupes sont proposés comme sous-espèces , voir espèce…

Il vit dans des milieux secs de type méditerranéen ouverts (type steppique, garrigues, maquis ouverts, vergers par exemple) pourvus d’abris en réseaux (rochers, blocs, terriers de lapins, fissures). On le rencontre également sur des pelouses sèches calcicoles et les dunes grises fixées. La présence d’abris protecteurs est importante : il passe en effet une partie de son temps dans des gites, en utilisant très souvent plusieurs.

Il se nourrit principalement d’insectes, araignées et de mollusques. Il apprécie également les petits fruits de saisons ! Il est très rare qu’il se nourrisse d’un petit vertébrés.

Aujourd’hui l’espèce est menacée en France : il est considéré « vulnérable » sur la liste rouge nationale. Il a en effet subit un déclin généralisé en France et de nombreuses populations ont disparu. Sa répartition est très morcelée.

Le Lézard ocellé est protégé par différents textes législatifs au niveau européen comme français. En France, l’espèce est protégée, mais pas son habitat, sur l’ensemble du territoire par l’arrêté ministériel du 19 novembre 2007. Il est interdit, sur tout le territoire métropolitain et en tout temps, la destruction ou l’enlèvement des œufs et des nids, la destruction, la mutilation, la capture ou l’enlèvement, la perturbation intentionnelle des animaux dans le milieu naturel. De plus sont interdits, sur tout le territoire national et en tout temps, la détention, le transport, la naturalisation, le colportage, la mise en vente, la vente ou l’achat, l’utilisation, commerciale ou non, des spécimens prélevés dans le milieu naturel du territoire métropolitain de la France, après le 12 mai 1979 ou dans le milieu naturel du territoire européen des autres États membres de l’Union européenne, après la date d’entrée en vigueur de la directive du 21 mai 1992.